La cascade figée

22 janvier 2019

Les incorruptibles des temps modernes

Les premiers « incorruptibles » belges étaient nés ! Au fil des années, le CSC s'est ainsi profilé comme un service de police spécialisé en matière de corruption, de fraudes aux marchés publics et de fraudes aux subventions. En 1998, le service d'enquêtes du CSC fut intégré au sein de la Police judiciaire. Il fut par conséquent dépourvu de ses compétences administratives, ses membres ne pouvant dès lors plus effectuer que des enquêtes judiciaires. Ainsi est né l'Office Central pour la Répression de la Corruption, dit OCRC. Lors de la réforme des services de police, le 1er janvier 2001, l'OCRC a intégré la Direction générale de la Police judiciaire. L'OCRC constitue, au sein de la police fédérale, un service central avec une compétence opérationnelle. Plus précisément, « l'OCRC est compétent pour la recherche et l'appui à la recherche des infractions commises au préjudice des intérêts de l'Etat, ainsi que des infractions de corruption complexes et graves. Il m’a répondu “oui”. Alors je lui ai dit : “Je suis ton homme.”» Au printemps 2016, il juge encore la marche «trop haute». Lui-même se cherche. Depuis un voyage à Bali, il s’est mis à la méditation, a découvert le «sourire intérieur». Il se lance un défi : traverser sa circonscription à pied, soit 310 kilomètres entre Manosque et le col de Larche, à la frontière italienne. Il écrit à ses administrés pour leur proposer de partager l’aventure. Fin août, il se lance : 25 kilomètres par jour, plus de mille personnes rencontrées et des journées à parler… de 7 à 23 heures. «Ça, je ne l’avais pas anticipé.» En chemin, le député constate le «décrochage» de François Hollande. Un seul électeur songe encore à voter pour lui. De retour à Paris, il débriefe. ], ce n’était pas seulement l’immigration. L'avocat Robert Bourgi explique comment il a convaincu Nicolas Sarkozy de perpétuer, dans les rapports avec les chefs d'Etat africains, un "réalisme" à l'ancienne. Pourquoi Robert Bourgi, gardien de tous les secrets du village francoafricain, parle-t-il enfin ? D'abord parce que, à 63 ans, il en a envie, et parce qu'il en a besoin. Messi dominici du pré carré africain, il en a assez de cette réputation sulfureuse et de passer pour "un pourri". 16e arrondissement où s'alignent les photos de ses rencontres avec les grands de ce monde. Trop longtemps il a dû garder le silence, accepter d'être un incompris. Il en a assez, aussi, qu'on l'associe aux intermédiaires louches, à ces affairistes sans foi ni loi qui écument l'Afrique noire en quête de fortune et de gloire. Il travaille seul, mais pas en franc-tireur. Et l’Élysée a fait savoir qu’une mission de réorganisation des services était confiée à Alexis Kohler. En d’autres temps, M. Bayrou s’en serait réjoui. Une affaire d’État est le puissant révélateur d’une façon d’exercer le pouvoir. C’est certainement ce critère qui a fait basculer M. Bilger dans le camp de ceux qui y voient maintenant une affaire d’État. M. Bayrou, lui, avait visiblement besoin d’un petit cours d’été pour en prendre conscience. Enfin, une affaire d’État se clôt par une « parole politique forte » : « une clarification devant les Français par l’exécutif mis en cause ». Pour l’historien, il serait « plus stratégique pour le Président de se livrer à un mea culpa à l’américaine ». Ce n’est pas vraiment le chemin qu’a pris M. Macron, prenant le risque de laisser grossir encore l’affaire. Donc, l’affaire Benalla coche toutes les cases. Et il y en a certaines qu’elle coche même de plus en plus, vu sa gestion par le Président et sa majorité. Qu’aurait dit M. Bayrou si un Président précédent s’était rendu devant les seuls députés de son parti pour y tenir les propos qu’il y a tenus mardi soir ? Qu’aurait-il dit si la majorité, à la commission d’enquête de l’Assemblée, avait refusé les demandes émanant de tous les autres groupes ? En tout cas, M. Bayrou, lui, vient de cocher une nouvelle fois deux cases d’un coup : celle de la langue de bois. Et de la soumission. Dans une optique plus conjoncturelle, dès lors qu'un acteur peut prendre des décisions publiques qui ont des conséquences démesurées pour certains intérêts privés, la corruption s'insinue. ] évoque la mise en place d'un réseau ferroviaire sous la monarchie de Juillet et le second Empire, les constructions immobilières des années 1960 et 1970, la décentralisation. On peut mentionner encore les privatisations de la fin des années 1980. La loi Royer de 1973, qui mettait en place des commissions chargées d'autoriser l'installation de grandes surfaces dans les villes moyennes était donc particulièrement risquée. ] voit dans la concentration du pouvoir entre les mains des exécutifs et dans la faiblesse et le caractère formel des contrôles une caractéristique de la corruption « à la française ». Les cabinets des dirigeants politiques se substituent aux instances bureaucratiques. Or, « un collaborateur dévoué accepte ce qu'un fonctionnaire indépendant refuserait ». Mais on est à cette période-là ou pas ? François BAYROU. - Vous voyez, en tout cas, la tendance est significative. C’est un mouvement qui paraît irrésistible, soit pour des raisons d'intégrisme religieux, soit pour des raisons de prise en main de la société par des clans qui veulent le plus grand libéralisme économique, mais avec le contrôle total des citoyens. Toutes ces choses-là sont en marche devant nous. François BAYROU. - On voit bien la crise. Qu’est-ce que c’était cette ambiance des années 30 ? C’était cette affirmation scandaleuse selon laquelle je reprends les mots de qui vous savez : « charbonnier est maître chez soi. On a voté, donc on peut faire ce qu'on veut. Cette chrétienne au Pakistan. François BAYROU. - Condamnée à mort pour avoir partagé un verre d’eau. Et interdite de quitter le territoire alors qu’elle a été libérée par la justice. François BAYROU. - Elle a été libérée par la justice et on essaie aujourd’hui de l’assassiner elle et tous ceux qui en sont proches. Résultat puisque vous parliez d’un vote et que nous avons commencé l’émission avec cela, résultat du référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie : 57 % c’est ce qu’indiquent les résultat toujours partiels. François BAYROU. - Je n'ai pas changé d'avis d'un millimètre sur ce sujet. C’est une ânerie pour vous ? Il faut que l’école puisse dire : « Tel élève s'est mal comporté. On aurait eu encore beaucoup de questions à vous poser. En même temps, c’est au Président de la République de la remettre en cause. François BAYROU. - C’est nul ! C’est la loi maintenant. François BAYROU. - Je le répète, c’est une loi nulle ! Cela n’a pas très bien marché ! François BAYROU. - Calculette à œillères, pour simplement favoriser le parti socialiste. Cela ne marche jamais, vous savez. François BAYROU. - Plus que cela, il faut voir du respect dans l’expression. Est-ce que vous considérez que la distinction populisme/progressisme n'est pas une façon de dire : « On a raison et ils ont tort ». Je crois que vous préférez la distinction démocratie/démagogie. Est-ce que c’est une bonne idée pour Emmanuel Macron d’avoir en gros, laissé entendre qu’il était dans le camp du bien et que les autres étaient dans l’erreur ? Piètre ministre aussi, alors que lui reste t'il pour qu'on ne l'oublie pas? Etre candidat à la récupération des gilets jaunes? Ah non Bayrou pas encore votre entourloupe une nième fois. Dégagez avec votre dernier complice. Même Bayrou le dit! Bayrou sent que le vent tourne! La nouvelle journée de mobilisation des «gilets jaunes» se déroule ce samedi dans la capitale française. La police promet cette fois que le rassemblement se tiendra sous haute surveillance pour éviter les débordements de la semaine dernière sur les Champs-Élysées. La ville avait alors constaté plus d'un million d'euros de dégâts, la journée s'étant soldée par 150 interpellations dont 62 à Paris. La mobilisation fléchit depuis le 17 novembre, date de la première journée de manifestations lors de laquelle près de 300.000 personnes ont bloqué les routes. Elles étaient un peu plus de 100.000 le 24 novembre dont 8.000 à Paris, selon les données officielles.

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10 novembre 2018

Féminisme et cuisine

Depuis quelques années, je prends de plus en plus de plaisir à cuisiner. Bien sûr, je suis loin d'être un MOF en la matière : il manque à mon arc certaines techniques de sioux, voire même parfois de simples techniques de base. Du coup, j'ai récemment ressenti le besoin de faire des progrès dans le domaine auprès d'un professionnel. Et je suis passé à l'acte le week-end dernier, en faisant un cours de cuisine moléculaire à Paris. J'y ai fait la connaissance d'un chef très sympathique, et y ai appris quelques astuces qui, potentiellement, peuvent faire toute la différence en cuisine. Le seul truc que je regrette, en définitive, c'est d'avoir dû y aller seul. J'ai bien tenté d'y amener ma femme, mais pour le coup, je me suis heurté à un véritable mur. Ma femme fait en effet de l'urticaire chaque fois qu'elle est censée cuisiner. Ce rejet absolu de tout ce qui a trait à la cuisine m'a toujours paru abusif. D'après elle, cependant, cuisiner reviendrait à se soumettre à la figure de la femme du siècle dernier. C'est de ce fait par esprit de contradiction qu'elle choisit de ne pas cuisiner. Selon moi, cette logique se discute. Par exemple, en ce qui me concerne, je ne m'interdis pas de m'occuper de la plomberie simplement parce que c'est un rôle voué aux hommes. Avec ce genre de pensée, l'on en viendrait à ne plus rien faire. Il est quand même aberrant de ne jamais cuisiner parce qu'on appartient à l'un ou l'autre sexe. Mais expliquer ça à ma chère et tendre, c'est une toute autre histoire ; quand elle s'est convaincue de quelque chose, il est presque impossible de la faire revenir en arrière. Tout ça fait bien sûr qu'à la maison, la variété culinaire n'est pas ce qui marque le plus à table : l'on a droit soit à la cuisine simple de papa, soit aux plats tout prêts de maman. Et avec un tel héritage, il est très peu probable que mes enfants deviennent un jour de grands gourmets... Quoi qu'il en soit, si vous voulez en apprendre plus sur la cuisine (et si vous n'êtes pas un cas désespéré comme ma femme), vous devriez vraiment tester ce cours de cuisine. L'ambiance y est conviviale et les fiches sont très bien faites. Voilà le site où je l'ai dégoté, si l'envie vous en dit. Retrouvez plus de renseignements sur l'organisateur de cette activité de cours de cuisine moléculaire à Paris.

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26 octobre 2018

Le monde, les hommes et les lois

Nous sommes également au courant de la répression généralisée des libertés civiles, en particulier de la liberté d'expression, qui a eu lieu pendant la Première Guerre mondiale. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Cour suprême, dans Korematsu c. États-Unis, a refusé d'annuler l'action du gouvernement qui avait supprimé plus de 70 000 Citoyens américains d'origine japonaise originaires de chez eux et internés dans des camps. L'histoire nous montre que les responsables savaient à l'époque que cette action était inutile. Pourquoi la Cour suprême l'a-t-elle confirmée? L'affaire a été beaucoup (et à mon avis correctement) critiquée. Les journaux du juge Felix Frankfurter indiquent que la grande justice libérale Hugo Black a commencé la conférence privée de la Cour sur une affaire connexe en disant, essentiellement, «Quelqu'un doit mener cette guerre. C'est Roosevelt ou nous. Et nous ne pouvons pas. »La Cour a voté par 6 voix contre 3 pour confirmer l'internement. Lire l’histoire de cette période, c’est comprendre l’affirmation peut-être exagérée du procureur général Francis Biddle selon laquelle «la Constitution n’a pas vraiment dérangé la guerre. Président. »Est-ce un procureur général qui parle ou est-ce Cicero? L’attitude de la Cour a toutefois commencé à changer pendant la guerre de Corée. Le Président Harry Truman a saisi les aciéries américaines afin d’éviter une grève et de laisser couler des munitions à l’étranger pour alimenter les forces armées américaines. La Cour a estimé que le président n'avait pas le pouvoir de le faire lui-même, sans le Congrès, même en temps de guerre. Pourquoi ce changement? En lisant l'affaire, j'ai fini par croire que la majorité de la Cour estimait que le président Franklin D. Roosevelt était allé trop loin dans l'extension et l'exercice du pouvoir présidentiel pendant la Seconde Guerre mondiale. Et il était plus facile d'écrire une opinion anti-Roosevelt une fois que Roosevelt n'était plus en vie, lorsque l'affaire impliquait un président beaucoup moins populaire. Quoi qu’il en soit, la Cour a effectivement écrit qu’il arrivait un moment où un président était allé trop loin. Quatre affaires découlant de l'emprisonnement à Guantánamo Bay de prétendus combattants ennemis saisis en Afghanistan et ailleurs nous actualiseront. L'ennemi Les combattants, qui ne font pas partie des gens les plus populaires aux États-Unis, ont poursuivi le président George W. Bush et le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, et ils ont gagné. Supposons, par exemple, qu'un détenu affirme ne pas être un combattant ennemi mais un agriculteur innocent, et le gouvernement répond qu'il porte un bazooka, et le détenu répond que les agriculteurs pacifiques en Afghanistan ont besoin de bazooka. Qui déciderait du litige et comment? Nous avons jugé que le ministère de la Défense devait mettre à la disposition du détenu une audience comportant les éléments fondamentaux d'une procédure équitable. Et lorsque, par la suite, le Congrès a adopté une loi qui suspendait effectivement l'ordonnance d'habeas corpus, interdisant ainsi aux détenus de Guantánamo d'aller en justice, nous avons conclu que la suspension violait la Constitution. La phrase la plus importante dans les opinions de la Cour sur Guantánamo est que la juge Sandra Day O’Connor a écrit dans une opinion à laquelle j’ai adhéré. Elle a déclaré: «Un état de guerre n’est pas un chèque en blanc pour le président en ce qui concerne les droits des citoyens de la nation ". C’est une belle phrase, mais elle conduit presque immédiatement l’auditeur à se demander:" Alors, de quel type de vérification s’agit-il? " Avec cette question, vous pouvez comprendre pourquoi nos opinions n’ont pas été largement approuvées. Certaines personnes ont pensé que nous avions trop interféré avec l'exercice du jugement par le président et le Congrès. En guise de réponse, je pourrais citer le juge britannique Lord Atkin, qui a écrit au milieu de la Seconde Guerre mondiale: «Au milieu de l’affrontement des armes, les lois ne sont pas silencieuses. Ils peuvent être changés, mais ils parlent le même langage dans la guerre que dans la paix. ”Plus directement, je dirais qu'une doctrine de non-ingérence indique le chemin, sinon à Cicéron, du moins à Korematsu. D'autres pensaient que nous aurions dû aller plus loin et établir des règles juridiques plus complètes pour traiter avec les combattants ennemis en temps de crise. Mais nous ne savons pas quelles devraient être ces règles juridiques. Et il est vrai, comme le juge Jackson l’a souligné il ya longtemps, que la Constitution n’est pas un «Pacte de suicide». En tant que juges, nous en savons trop peu sur la nature d'une urgence, d'une guerre ou d'un besoin de sécurité qui pourrait nécessiter une protection réduite des libertés civiles. Après avoir abandonné Cicéron et reconnu, malgré les limitations inhérentes à la fonction judiciaire, la nécessité de protéger les libertés, comment devons-nous obtenir les connaissances nécessaires sur les questions de sécurité nationale - et sur les limitations réellement nécessaires?

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24 août 2018

Congrès de New York sur le Qatar

Le conflit larvé qui oppose Abou Dhabi à Doha a finalement pris forme. C'était évidemment prévisible depuis un moment, mais cela n'empêche pas d'être inquiétant pour la suite. Il y a peu, je suis d'ailleurs allé pour suivre un séminaire où il a beaucoup été question de la situation qatarie. Il faut dire qu'avec les liens étroits que la France entretient avec les deux puissances, tout conflit des deux porte automatiquement atteinte à nos intérêts ! En résumé : le 5 juin, les Emirats Arabes Unis ont choisi de suspendre leurs liens diplomatiques avec le Qatar pour son soutien au terrorisme. Ces pays ont en outre pris des mesures punitives, comme le blocage de leurs frontières avec Doha ou la suspension des vols à destination du Qatar. La tension entre ce dernier et ses voisins n'est pas nouvelle, mais prend aujourd'hui une tournure inédite. En 2014, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis avaient par exemple retiré pendant 8 mois leurs ambassadeurs du Qatar, mais il n'y avait pas eu pour autant de rupture des relations diplomatiques ! La donne a cependant nettement changé, et notamment grâce aux déclarations de Trump contre l'Iran : l'Arabie saoudite en a donc profité pour monter au créneau contre son concurrent indépendant : le Qatar. Mais ce n'est pas tout. Aux dernières nouvelles, cette crise aurait été provoquée à la base par des hackers russes ! Par ce piratage, le Kremlin souhaitait causer des dissensions entre la Maison Blanche et ses soutiens, le Qatar hébergeant une importante base militaire américaine. Le Qatar a en effet annoncé avoir été victime de hackers qui ont communiqué sur le site de l'agence de presse des paroles prêtées faussement au Cheikh du Qatar ! Et la Russie a eu ce qu'elle voulait. Trump a d'emblée approuvé le blocus du Qatar par les Emirats, confortant de fait le mouvement de l'Arabie saoudite et de ses alliés. Trump réagit si vite aux événements qu'il n'est pas difficile à manipuler... Quoi qu'il en soit, ce séminaire était vraiment excellent. Voici l'agence qui l'a préparé, si vous devez organiser un événement. Pour en savoir plus, je vous recommande la lecture du site sur ce séminaire qui est très bien rédigé sur ce thème. Pour en savoir plus, je vous recommande la lecture du site sur ce séminaire à New York qui est très bien élaboré sur ce sujet.

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21 août 2018

Les comparaisons internationales placent la France dans une position honorable mais déclinante en termes de dépôts de brevets

Le nombre de brevets déposés dans le monde a considérablement augmenté depuis dix ans. Entre 1991 et 2002, dernière année pour laquelle les données sont disponibles, la progression du nombre de demandes auprès de l’Office européen des brevets a été de 5,7 % en moyenne par an pour l’ensemble des secteurs, avec des progressions particulièrement fortes pour les secteurs des biotechnologies (+8,3 % en moyenne par an) et des technologies de l’information (+7,6 % en moyenne par an). Si la tendance est significative, une comparaison du nombre absolu des brevets doit être faite avec prudence. Un pays qui brevette plus qu’un autre n’est pas nécessairement un pays qui innove plus. De plus, les pays n’ont pas les mêmes traditions de dépôt. Ainsi, le nombre de dépôts d’origine allemande est considéré comme artificiellement gonflé par l’effet de la loi sur la rémunération des inventeurs salariés : si l’entreprise ne dépose pas le brevet, l’inventeur salarié peut déposer lui-même l’invention et en revendiquer la propriété, ce qui incite les entreprises allemandes à breveter beaucoup plus systématiquement. Le nombre absolu de brevets déposés n’est donc pas un objectif en soi. Son évolution, comparée notamment à celle des moyens humains et financiers investis par la Nation, est, en revanche, une indication intéressante sur la position de la France en matière d’innovation et de protection de l’innovation. Certains pays européens comme les Pays-Bas, la Suède ou la Suisse déposent relativement plus de brevets que la France comparativement à leur PIB, leur population et leurs dépenses privées en recherche et développement. L’interprétation de ce résultat est délicate. Pour les Pays-Bas, par exemple, le nombre élevé de brevets s’explique en partie par la centralisation dans ce pays, de l’ensemble des brevets développés par les centres de recherche de Philips dans le monde entier. La meilleure performance de certains de nos partenaires européens peut donc avoir différentes causes : une volonté plus forte de protéger l’innovation, mais aussi une spécialisation plus marquée dans des secteurs innovants, voire une plus grande efficacité de leur système de recherche et développement. Dans une perspective plus dynamique, la position de la France au sein de l’Union européenne selon le nombre de brevets qu’il soit triadique, européen ou américain se dégrade depuis 15 ans. Au total, les comparaisons internationales placent la France dans une situation honorable en matière de dépôts de brevets. Cette position est cependant déclinante en raison d’un moindre effort de recherche et développement, en particulier dans les entreprises. La France n’est pas seule dans cette situation comme en témoigne le cas du Royaume Uni. Mais, à l’inverse, les bons résultats de pays plus petits ou de pays émergents soulignent également le fait que d’autres ont choisi des stratégies plus affirmées de développement par l’innovation avec des résultats plus probants.

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28 mai 2018

Tentative culinaire en Finlande

Quand l'entreprise qui m'emploie sent un coup de mou dans la motivation de ses salariés, elle a l'intelligence de réagir : elle organise alors le plus souvent un incentive pour redonner une dynamique aux équipes. Comme nous sortions d'une période assez compliquée au travail, les ressources humaines ont proposé vendredi dernier à notre équipe de participer à un incentive culinaire. Celui-ci s'est passé à Orta en Finlande et a reçu un excellent accueil. Un atelier cuisine peut sembler assez insolite pour remonter le moral des troupes, mais pour en avoir fait plusieurs, je peux vous assurer que le concept est très efficace. Et c'est un gars qui n'aime pas la cuisine qui vous le dit ! Pour vous dire à quel point je cuisine peu : quand ma femme me demande de cuisiner le repas du soir, je me contente d'aller chercher des kebabs à côté. Cuisiner est le plus souvent pour moi une totale perte de temps. Mais pas toujours. Car quand il s'agit de cuisiner en groupe, il me prend soudain des envies de devenir un vrai cordon bleu. Parce que cuisiner avec ses collègues est une expérience riche en découvertes : cela permet par exemple d'engager la conversation avec des collaborateurs qu'on ne connaît pas, ou seulement de vue. Cela permet aussi selon moi d'établir des relations différentes de celles qu'on peut avoir au bureau. Sur le plan de travail, les aptitudes individuelles n'entretiennent effectivement pas le moindre lien avec la position qu'on occupe dans la société : de petits salariés peuvent donc venir en aide à leurs patrons et leur faire part de techniques culinaires. C’est une situation gratifiante pour les premiers et génératrice de cohésion, parce que chaque participant peut observer l’intérêt que peut représenter le fait de travailler en équipe. Mais le couronnement de ce genre d'incentive, cela reste la dégustation, qui est un moment très agréable partagé entre tous les participants, et parfait pour entretenir la vie de groupe. De toutes les formes que peut prendre un incentive, l'atelier culinaire est pour moi l'une des plus réussies, en termes de cohésion d'équipe. Je vous mets en lien l'agence qui a organisé cet incentive, si vous souhaitez avoir une idée des menus qu'il est possible de réaliser. ;-) A lire sur le site de cette expérience incentive en Finlande.

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23 mai 2018

Protection sociale : les enjeux liés à la mesure du produit intérieur brut

La part des dépenses de protection sociale dans la richesse nationale est fonction à la fois de son numérateur – les montants de prestations versées pour un périmètre de dépenses donné – et de son dénominateur – le PIB. Or, la mesure du PIB est sujette à des débats méthodologiques récurrents, mais qui se sont ranimés depuis le déclenchement de la crise économique et financière en 2008-09. Le premier débat, qui porte sur la mesure du PIB en volume – c’est-à-dire du PIB en valeur déflaté des prix – a notamment été soulevé en France par des économistes comme Philippe Aghion ou Patrick Artus. La mesure du PIB en volume suppose de savoir faire la part, dans l’évolution des prix, entre l’inflation proprement dite et l’augmentation en qualité des produits, la première seule étant déflatée du PIB en valeur pour obtenir l’estimation du PIB en volume. L’augmentation de la qualité des biens est particulièrement délicate à mesurer pour les services, mais aussi pour les biens de haute technologie, qui apportent des innovations pour lesquels il n’existe pas de comparateur de prix identifiable parmi les biens existants. Cette difficulté – identifiée depuis longtemps et qui avait donné lieu en 1987 à un célèbre article de Robert Solow – est fortement mise en avant par certains économistes pour tenter de réconcilier deux phénomènes en apparence contradictoires : le rythme rapide de l’innovation observé ces dernières années dans le domaine des technologies de l’information et de la communication, d’une part, et la faible croissance de la productivité et du PIB en volume décrite dans les agrégats de la comptabilité nationale, d’autre part. Selon ces économistes, il se pourrait qu’une partie des « effets de qualité » soit incorporée à tort dans l’inflation dans les statistiques publiques, ce qui pourrait conduire à sous-estimer l’évolution du PIB en volume et les gains de productivité par rapport à leur valeur effective et, inversement, à surestimer l’inflation. Un second débat, qui a été relancé notamment par la hausse importante du PIB mesurée pour 2015 par les services statistiques irlandais en 2016, porte sur la volatilité du PIB au regard des choix de localisation par les entreprises multinationales de leurs actifs – notamment incorporels : brevets, licences d’exploitation – dans les différents pays. Des changements de localisation – pour des raisons fiscales, par exemple – déplaceront d’un pays vers un autre les flux de revenus, ou redevances, issus de l’utilisation de ces actifs par l’ensemble des filiales de la firme, avec des effets d’autant plus importants sur le PIB lorsque ces mouvements s’opèrent vers de petites économies très ouvertes, comme l’Irlande. Enfin, un troisième débat porte sur la pertinence du PIB proprement dit au regard d’indicateurs de bien-être. Comme l’ont notamment montré les travaux de la commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social réunie sous l’égide de J. Stieglitz, A. Sen et J.-P. Fitoussi, le PIB ne fournit qu’une mesure de la production donnant lieu à une évaluation monétaire. Mais cette mesure ne tient compte ni du travail domestique ou bénévole, ni du « développement humain », du bien-être social ou des richesses environnementales.

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21 mars 2018

Une invitée évincée d’une émission en direct pour des propos racistes

Comment gérer le cas d’une invitée, spécialiste des Etats-Unis, tenant en direct sur le plateau d’une chaîne télévisée d’information en continu des propos diffamatoires à l’encontre du président Obama accusé de « faire partie des gens qui détestent l’Amérique » et d’être « dans son cœur plus musulman que chrétien », et stigmatisants à l’égard des membres de la confession musulmane, tous assimilés à des terroristes ? La direction de la rédaction a assumé, par communiqué, le fait d’avoir contraint cette invitée à quitter le plateau. Si cette décision peut paraître, de prime abord, contraire à la liberté d’expression, elle semble néanmoins justifiée au regard des règles déontologiques de la profession, rappelées dans la charte de la chaîne concernée. En effet, si le pluralisme et l’équilibre des courants de pensées et des opinions doivent être recherchés à l’antenne – des analyses ou opinions contradictoires doivent donc pouvoir s’y exprimer librement -, néanmoins toute atteinte à la dignité de la personne humaine, toute assimilation, toute stigmatisation visant l’appartenance à une religion sont intolérables. Dans le cas d’une émission en direct, demander à cette personne de quitter le plateau était sans doute la solution la plus appropriée. Toujours dommageable, un dérapage de cette nature est cependant évitable. La gestion d’invités en direct relève certes d’un exercice subtil mais la préparation du plateau se doit d’être toujours maîtrisée. En l’occurrence, on retiendra pour le moins un défaut de vigilance professionnelle : inviter une personne dont les affirmations complotistes étaient déjà connues et se manifestaient depuis longtemps en librairie ainsi que sur les ondes et les pages de médias autoproclamés de ré-information relève d’une grande légèreté.

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23 février 2018

Les senteurs du vin

Le week-end dernier,je suis allé à Nantes pour y suivre un cours d'oenologie. Nous nous sommes concentrés tout du long sur les odeurs du vin : un thème fréquemment dédaigné par les amateurs mais qui est pourtant au coeur de l'expérience oenologique. Ca peut sembler évident, mais personnellement, je ne le savais pas : quand on dépeint les odeurs d'un vin, on ne fait que des comparaisons, sans jamais utiliser les noms réels. C'est que non seulement on ne connaît pas les noms chimiques, mais en plus ils n'évoquent rien dans l'esprit des gens : il est de ce fait plus commode d'évoquer une odeur de rose que de géraniol ! :) A titre d'exemple, voici les différentes familles d'odeurs que j'ai pu apprécier à l'occasion de ce cours. Les odeurs florales caractérisent plutôt les vins jeunes : fleur d'acacia dans les vins de cépage chenin, jasmin dans d'autres vins blancs... On peut trouver de même des odeurs de fleurs dans les vins rouges, comme la pivoine dans les chiroubles ! Les odeurs minérales évoquent la craie dans les vins secs de chenin, ou bien la pierre humide dans certains chablis. Les odeurs boisées, telles que le pin, se retrouvent quant à elles souvent sur certains terroirs, notamment dans les vins de Graves. Ceci dit, il ne faut pas se laisser arrêter par tout ce déballage d'informations. Analyser l'odeur d'un vin est en réalité une expérience très agréable, pas du tout prise de tête. D’autant plus que ce qu'on sent est très subjectif : il ne sert donc strictement à rien de se sentir mal si vous ne sentez pas l'abricot que d'autres perçoivent dans un vin ! Ce n'est pas un problème car, en fin de compte, deux personnes peuvent percevoir des choses très différentes... et avoir toutes les deux raisons ! Quoi qu'il en soit, je vous recommande les cours d'oenologie. On y découvre pas mal de choses, et dans une ambiance chaleureuse. D'ailleurs, je vous mets en lien le site de mon cours à Nantes, si vous voulez jeter un oeil. Davantage d'information est disponible sur le site de l'agence organisatrice de ce cours d'oenologie à Nantes. Cliquez sur le lien.

 

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05 février 2018

Une info amusante pour commencer

Ouvrons ce blog consacré à l'actualité sur une information légère et qui prête à sourire : le mouvement En Marche s'exporte au Royaume-Uni. Ses membres entendent calquer leur stratégie sur celle d'Emmanuel Macron en allant à la rencontre des électeurs pour leur demander ce qu'il ne va pas dans leur pays.

L'initiative peut évidemment fonctionner. Après tout, celle de Macron a fonctionné à merveille. Et il n'est pas interdit que celle qui va être lancée au Royaume-Uni crée elle aussi la surprise, débordant et dévastant les partis traditionnels. Mais il est tout de même important de préciser que la réussite d'En Marche en France est liée à certaines conditions, et notamment la présence de son leader.

Je ne suis pas un grand supporter d'Emmanuel Macron, mais il faut reconnaître à notre président actuel ce mérite : il a du charisme, tout étrange qu'il puisse être parfois (par son langage archaïques, ses discours très creux, et le soin extrême apporté à son image). Et si le mouvement En Marche s'est imposé comme premier parti de France sans réelle opposition face à lui, c'est bien grâce à lui. Il a été la figure de proue, l'initiateur, le défenseur et l'image de ce mouvement naissant. Bien sûr, il a su profiter d'une fatigue des partis traditionnels pour s'imposer, mais il serait injuste de ne pas lui reconnaître son mérite en la matière.

J'entends parler de cette réplique anglaise d'En Marche, mais je n'entends parler d'aucun leader pour l'incarner. Et c'est là, à mon sens, une grave erreur, qui conduira sans doute le projet à être mort-né. Contrairement aux airs qu'il a pu se donner (et se donne encore parfois), En Marche n'est en rien un renouveau de la démocratie : il n'est qu'un parti créé autour de et pour la personne de monsieur Macron, un simple outil pour accéder à la fonction suprême. Le mouvement britannique a ses chances, à condition qu'il trouve un visage pour l'incarner et le défendre. Sinon, le mouvement fera pshuitt plus vite qu'il n'aura mis de temps à apparaître !

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