Ouvrons ce blog consacré à l'actualité sur une information légère et qui prête à sourire : le mouvement En Marche s'exporte au Royaume-Uni. Ses membres entendent calquer leur stratégie sur celle d'Emmanuel Macron en allant à la rencontre des électeurs pour leur demander ce qu'il ne va pas dans leur pays.

L'initiative peut évidemment fonctionner. Après tout, celle de Macron a fonctionné à merveille. Et il n'est pas interdit que celle qui va être lancée au Royaume-Uni crée elle aussi la surprise, débordant et dévastant les partis traditionnels. Mais il est tout de même important de préciser que la réussite d'En Marche en France est liée à certaines conditions, et notamment la présence de son leader.

Je ne suis pas un grand supporter d'Emmanuel Macron, mais il faut reconnaître à notre président actuel ce mérite : il a du charisme, tout étrange qu'il puisse être parfois (par son langage archaïques, ses discours très creux, et le soin extrême apporté à son image). Et si le mouvement En Marche s'est imposé comme premier parti de France sans réelle opposition face à lui, c'est bien grâce à lui. Il a été la figure de proue, l'initiateur, le défenseur et l'image de ce mouvement naissant. Bien sûr, il a su profiter d'une fatigue des partis traditionnels pour s'imposer, mais il serait injuste de ne pas lui reconnaître son mérite en la matière.

J'entends parler de cette réplique anglaise d'En Marche, mais je n'entends parler d'aucun leader pour l'incarner. Et c'est là, à mon sens, une grave erreur, qui conduira sans doute le projet à être mort-né. Contrairement aux airs qu'il a pu se donner (et se donne encore parfois), En Marche n'est en rien un renouveau de la démocratie : il n'est qu'un parti créé autour de et pour la personne de monsieur Macron, un simple outil pour accéder à la fonction suprême. Le mouvement britannique a ses chances, à condition qu'il trouve un visage pour l'incarner et le défendre. Sinon, le mouvement fera pshuitt plus vite qu'il n'aura mis de temps à apparaître !